Fondateur du Dadaïsme, Tristan Tzara

Tristan Tzara

En tant que fondateur et fervent participant de Dada, Tristan Tzara est l’un des artistes ayant le plus influencé le développement de l’art au 20e siècle.

Le poète, essayiste et artiste de performance français a largement participé non seulement à la création, mais à l’internationalisation de Dada, et également à son inscription dans l’Histoire de l’art.

Tristan Tzara est plus souvent qu’autre chose associé au penchant nihiliste de Dada, parce qu’il prône dans ses manifestes la destruction la plus complète des balises du monde, afin de rebâtir par-dessus, au moyen de l’art et de la philosophie dadaïste. Sa condition d’exilé — Tristan Tzara signifiant littéralement, en roumain, sa langue maternelle, Triste au pays — et un intérêt marqué pour le symbolisme habitent ses premiers poèmes, qu’il publie dans une revue d’art nommée Simbolul, dirigée avec Ion Vinea (poète) et Marcel Janco.

En 1915, Tzara arrive à Zurich pour y étudier la philosophie. C’est à cette occasion qu’il renoue avec Marcel Janco et qu’il rencontre Hugo Ball, avec qui il fonde le mouvement Dada, au Cabaret Voltaire. Au cours de l’année 1916, il participe très activement à la promotion de Dada et prend part à nombre de représentations spontanées, présentant ses poésies devant public. En 1918, il prononce le tout premier manifeste Dada — qui mène à une internationalisation du mouvement. Il est également l’éditeur en chef de la revue Dada, qui promeut les idées, évolutions, et artistes participant au mouvement.

Il prône dans ses manifestes la destruction la plus complète des balises du monde.

Au début des années 1920, Tzara rencontre, à Paris, André Breton, avec qui il se lie rapidement d’amitié. Bien que Breton présente au départ un grand intérêt pour le dadaïsme, il s’en lasse rapidement, et une scission se créé entre Tzara et lui, qui mène à la publication du Cœur à barbe, en 1923. Ce manifeste, doublé d’une pièce de théâtre nommée Le Cœur à gaz, s’oppose ouvertement à la tendance que font prendre Breton et Francis Picabia (peintre, poète et typographe surréaliste) au dadaïsme. Breton fera par ailleurs tourner la toute première représentation du Cœur à gaz au théâtre en émeute. Le Cœur à gaz est considéré par plusieurs critiques d’art à la fois comme le point culminant de Dada mais aussi comme l’événement ayant signé son arrêt de mort. Passé ce point, il n’y a plus vraiment d’intérêt pour Dada, que ce soit au sein du public ou même des artistes qui présentent maintenant d’autres convictions.

À la fin de sa carrière, l’art de Tzara prend des tangentes plus anti-fascistes, presque communistes, s’inscrivant, comme le reste de son œuvre, dans la pensée politique de son temps. Les influences de Tzara s’étendent dans la plupart des domaines de l’art contemporain du 20e siècle, du cubisme à la génération Beat, passant par le futurisme, et plusieurs courants de la musique rock.

Livre sur le dada

Tristan Tzara

Tristan Tzara

L'homme qui inventa la révolution Dada