Qu'est-ce que le Dadaïsme ?

Définition

Durant la Première Guerre mondiale, le dadaïsme, ou Dada, prend d’assaut le monde de l’art moderne.

En Europe comme en Amérique, de jeunes artistes tels que Hugo Ball (écrivain), Marcel Duchamp (plasticien), Tristan Tzara (écrivain et poète) et Marcel Janco (peintre et architecte) remodèlent l’art en effectuant à travers leurs œuvres une véritable recherche de la liberté, de la légèreté et de l’humour. Par maints jeux de langage, les artistes Dada, adolescents durant la guerre, désirent donner une connotation positive à tous les mots, pour faire table rase avec le langage et la logique du monde, instaurer une vision et des valeurs nouvelles, plus proches de leurs idéaux.

Désireux de s’évader de l’ambiance lourde qui règne à l’époque sur le monde, des jeunes artistes de Zurich se réunissent au Cabaret Voltaire pour présenter et assister à diverses manifestations d’art, autant littéraire que musicales ou visuelles. Devant l’absurdité de la guerre, les artistes Dada croient à un art frivole, ludique et léger. Par la destruction, ils veulent faire table rase et recréer un monde nouveau, animé par une philosophie et un art dépassant toutes les limites. Le mouvement grandit très vite et sort du Cabaret Voltaire pour s’épanouir en Allemagne, puis dans toute l’Europe. S’opposant à l’expressionnisme et à l’art abstrait, le mouvement, qui n’a pas vraiment de chef de file, intrigue et attire les foules. Au niveau esthétique, Dada est marqué par la spontanéité de la création : les artistes se plaisent à exécuter des performances devant public, explorant la part de hasard qu’amène l’art de performance.

Devant l’absurdité de la guerre, les artistes Dada croient à un art frivole, ludique et léger.

À la moitié de la décennie 1910, Marcel Duchamp, Man Ray et Francis Picabia s’installent aux États-Unis pour y exposer leurs œuvres. Malgré de maintes expositions et le lancement de la revue 291, ils sont forcés de conclure que Dada n’est pas fait pour vivre en sol américain, malgré le succès relatif des ready-mades de Duchamp. Cependant, des artistes telles que Béatrice Wood (peintre) et Clara Tice (peintre et poétesse) continuent à faire vivre le mouvement aux États-Unis, lui donnant un tournant un peu plus érotique. Tice produit même, au courant des années 20, une version frivole des Fables de la Fontaine où les animaux sont remplacés par des femmes nues, qui ne manque pas de provoquer les réactions les plus négatives chez les Américains.

Pendant ce temps, en Allemagne, Jean Arp (poète) et Max Ernst (peintre et sculpteur) connaissent un succès retentissant. À Paris, un jeune écrivain et critique littéraire d’avant-garde, André Breton, encourage le mouvement Dada au moyen d’articles et de connexions dans le monde littéraire. Le rapport de Breton au dadaïsme est ambigu : ses manifestations artistiques créent le chaos et suscitent le scandale, plongeant bien vite leur auteur dans le doute. Ce doute mènera, au début du surréalisme.

En 1921, la revue belge Ça ira ! annonce la mort de Dada dans un numéro spécial. André Breton, auparavant sympathisant du mouvement, se prononce tout d’un coup radicalement contre son renouvellement, déclarant qu’il tourne en rond. Le mouvement Dada se dissout à l’occasion d’un procès fictif contre l’œuvre nationaliste de l’écrivain Maurice Barrès, où le tribunal est présidé par Breton et Tzara. Suite à des désaccords majeurs entre les accusateurs, Tzara quitte le tribunal et signe la séparation entre surréalisme et dadaïsme, ainsi que la fin du mouvement Dada.