Dada en Europe

Dada en Europe

Très vite après sa fondation, le mouvement Dada s’étend partout en Europe, dépassant même les frontières du vieux continent pour aller s’installer en Amérique et au Japon.

Les fondateurs de Dada, de provenances diverses, partagent un idéal commun : celui de débarrasser le monde de l’esprit de la guerre pour y installer une mentalité et un art nouveaux.

L’une des effervescences les plus puissantes se produit en Allemagne, où, au lieu de s’opposer radicalement aux balises et préconçus de l’art de l’époque, les dadaïstes revenus de Zurich prennent une toute autre tangente : celle de la révolution politique.

Lorsqu’il revient à Berlin, Richard Huelsenbeck ne perd pas une seconde : en 1918, il prononce son premier discours Dada et fait paraître, dans l’année suivante, un manifeste. Les activités divergent bien vite des manifestations spontanées et chaotiques du Cabaret Voltaire, et deviennent un outil de propagande et de satire anti-nazi.

Les artistes européens semblent désireux de se joindre à un mouvement qui propose de faire table rase.

Berlin voit la première exposition internationale de Dada, en 1920, qui présente, entre autres, les œuvres d’Hannah Höch, Francis Picabia, Jean Arp, Max Ernst. Lors de cette exposition, les pièces sont entourées de slogans révolutionnaires, anti-nazis, qui positionnent de manière explicite les artistes quant au gouvernement.

Ailleurs en Europe, comme en Géorgie, au Pays-Bas, en Russie et en Yougoslavie, des artistes, principalement des poètes, organisent les lignes de front Dada. Se concentrant autour de l’œuvre subversive de Tzara, de Ball et de Hausmann, les artistes européens, tous affectés par l’esprit sinistre qui terrasse l’Europe après la Première Guerre mondiale, semblent désireux de se joindre à un mouvement qui propose de faire table rase.