Dada en France

Dada en France

Si Dada naît à Zurich, il connaît à Paris une effervescence sans pareil. Lorsque Tristan Tzara y met les pieds, il tombe sur trois jeunes auteurs, André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault, qui ont lu son manifeste Dada et qui adhèrent à ses idées.

Le jeune trio trouve dans les idées de Tzara une étincelle qui ravive leur ferveur intellectuelle, perdue lors de la guerre dans les affres de la désillusion. Cependant, Breton, Aragon et Soupault déchantent vite : en 1921, une nette scission est déjà en train de s’établir, la moitié des dadaïstes suivant Tzara dans ses idées destructrices et son admonestation de l’action gratuite, alors que l’autre, qui deviendra le surréalisme, suit André Breton sur une voie plus douce, qui vise à canaliser l’énergie destructrice en un cheminement plutôt qu’une fin explosive.

La fin du dadaïsme de Tristan Tzara se produit à l’occasion du procès fictif de Maurice Barrès.

La fin du dadaïsme de Tristan Tzara se produit à l’occasion du procès fictif de Maurice Barrès, auteur nationaliste, que les auteurs Dada considèrent comme un danger pour la liberté intellectuelle. Cependant, la faction Dada, tellement déchirée par des désaccords internes, finit par s’accuser elle-même, et le procès ne vient jamais à terme.

Confinée à la littérature par l’effervescence des avant-gardes dans les autres courants artistiques, le Dada parisien compte parmi ses figures de proue des littéraires obsédés par les questions de langage tels que Breton, mais aussi Paul Éluard, Jean Paulhan et Erik Satie. Ces artistes, conservant le caractère subversif de Dada, choisiront quand même d’aller de l’avant et de plonger dans le surréalisme, jugeant que l’école de Tzara a duré trop longtemps. Malgré tout, Dada a produit à Paris de grands artistes, notamment Marcel Duchamp et Francis Picabia, qui feront la grande majorité de leur carrière aux États-Unis.

Auteur

Juliette Périers-Denis Histoire de l'art

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