La création et les origines du Dada

Origines du Dada

Le Dada, ou dadaïsme, est un mouvement intellectuel et artistique, apparu pour la première fois à Zurich en 1916. Lors d’une soirée de février, au cabaret Voltaire de Zurich, plusieurs acteurs du monde des arts contemporains de l’époque, dont Hugo Ball, Tristan Tzara, Emmy Hennings et Marcel Janco, donnent naissance au mouvement.

La mission de Dada est de réagir aux horreurs de la Première Guerre mondiale, en rappelant qu’il existe toujours, en dehors des désastres causés par les affrontements, une vie, et, comme le dit Ball, « des hommes et des femmes qui vivent d’autres idéals ».

Le terme Dada est issu d’un jeu de hasard : les fondateurs se munissent d’un dictionnaire, y insèrent un coupe-papier et donnent à leur nouveau-né le premier mot sur lequel ils tombent. Dada, terme qui se prononce et se lit dans pratiquement toutes les langues, représente bien les désirs d’internationalité et de mixité que veulent aller chercher les fondateurs du groupe. En encourageant les artistes de tous milieux et en acceptant des propositions de toutes natures, Dada réunit les avant-gardes et se développe en de multiples branches, qui donneront naissance à plusieurs mouvements artistiques, dont le surréalisme d’André Breton.

La mission de Dada est de réagir aux horreurs de la Première Guerre mondiale.

Dada est ambitieux dès ses premiers pas. D’abord simple terme ludique qui réunit des artistes et intellectuels aux idéaux communs, il évolue vite en revue, puis en galerie, qui ne durent pas longtemps, ni l’une, ni l’autre, mais témoignent quand même d’une volonté des fondateurs de répandre leurs idées le plus largement possible. Les fondateurs de Dada encouragent les représentations spontanées au Cabaret Voltaire, ce qui donne naissance à plusieurs performances éphémères et va même jusqu’à influencer l’œuvre de certains chorégraphes contemporains, tels que Sophie Taeuber.

Le mouvement Dada s’étend en Allemagne, à Paris, et même aussi loin qu’aux États-Unis ! Une telle expansion ne peut qu’entraîner la diversification du mouvement : alors que les fondateurs de Dada prônaient une liberté d’expression totale et une violence certaine. Dans l’optique de détruire le monde, d’en balayer les débris et de le rebâtir de zéro, la branche dadaïste allemande se tourne vers le politique, s’opposant à la fois aux arts abstraits mais aussi à l’expressionnisme militant, alors que la branche parisienne donnera naissance au surréalisme. La branche américaine, à toute une panoplie d’arts contemporains désacralisant les images saintes, utilisant des objets usuels en tant qu’objets d’art, et exploitant, plus qu’ailleurs, le côté psychédélique de l’image.